Chapitre 6 :

Pour Kima, à qui je dois un SS/HP/RL.

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Il se passait de drôles de choses dans ce château. Remus n’aurait su dire quoi, mais on n’est pas un loup-garou pour rien et son instinct lui hurlait qu’il y avait anguille sous roche.
Et en parlant d’animaux, il semblait également y avoir une araignée au plafond de Dumbledore, songea-t-il en se remémorant le petit-déjeuner. Albus avait toujours été… soyons honnête… un vieil illuminé. Mais il ne s’était encore jamais enfui en hurlant de la Grande Salle.
Il observa d’un air pensif ses derniers élèves rassembler leurs affaires et quitter sa salle de classe. La joie qu’il avait à revenir enseignée était légèrement perturbée par toutes ces récentes découvertes. Il n’avait aucune idée de ce qui se passait vraiment, et tout cela le turlupinait.
Il fermait la porte de la salle quand Minerva apparut, l’air soucieux.
– Oh, Remus.
Il lui fit un poli sourire. Elle hésita, soupira, puis se lança à l’eau.
– Je n’arrive pas à faire sortir Albus de son bureau, lâcha-t-elle tout de go. À vrai dire, il a en ce moment un comportement des plus bizarres et… (Elle s’interrompit, se mordant les lèvres.) Et je m’inquiète, conclut-elle.
Bien. Il n’était donc pas le seul à l’avoir remarqué. Elle dut le lire sur son visage car ils se fixèrent un moment, silencieux.
– Est-ce que… est-ce qu’il pourrait y avoir un problème au niveau des derniers Mangemorts ? murmura-t-il sérieusement.
Flûte, Harry avait tout de même bien mériter de vivre un peu, songea-t-il avec colère.
La femme secoua la tête.
– Je n’en sais rien. Dans tous les cas, il ne m’a pas mise au courant. Remus…
– Vous voulez que j’aille essayer de lui parler ? proposa-t-il gentiment.

« Bisou, bisou, gentils Bisounours. »
La gargouille s’écarta et Remus se laissa emporter par l’escalier en vis avec un léger soupir. Soupir de quoi, il aurait bien été en peine de le dire. Sans doute d’accablement, d’une part à cause des ennuis qui continuaient bien après leur soi-disant victoire sur les méchants, de l’autre à cause du mot de passe débile – mais typiquement dumbledoresque : rien ne semblait irrémédiablement perdu.
Il frappa trois fois à la porte avant de l’ouvrir d’un sort qui se rapprochait assez de la magie noire pour ne pas être enseigné à Poudlard – au diable une stupide hésitation – et trouva son vénérable supérieur, vautré par terre, en peignoir, en train de chantonner et de parler à la bouteille de cognac qu’il serrait amoureusement dans ses bras.
La vision le laissa sur place un moment, puis il s’approcha à pas prudents du plus puissants des mages actuels de Grande-Bretagne. Quand enfin Dumbledore l’aperçut, il éclata en sanglots.
Remus se retrouva comme un con, assis par terre, bien embêté, à tapoter la main de son vieil ami en marmonnant des paroles de consolation. Quand, une bonne heure plus tard, il fût enfin parvenu à le mettre au lit et à s’éclipser, il avait juste saisi trois mots dans le charabia qui s’échappait de la paternelle barbe blanche toute emmêlée et puant l’alcool : « Severus », « Harry » et « astérisque ».

Severus. Bien sûr. Il avait été assez stupide sur ce coup-là. Severus devait forcement être au courant du problème. Severus était tout le temps au courant de tous les problèmes, surtout ceux touchants Harry, et comme Harry avait beaucoup de problèmes (ou plutôt avaient eu), Severus était souvent au courant de beaucoup de problèmes. Mais étant donné que Severus était (avait été, se corrigea-t-il) un espion, et que les problèmes sont souvent la spécialité des espions, il n’y avait là-dedans rien de surprenant, bien que normalement les problèmes soient sensés être à présent terminés, mais visiblement ils ne l’étaient pas, et donc Severus était le plus à même de savoir ce qui se passait, et donc pour conclure ce cheminement de pensées foireux et qui ne menait à rien, Remus allait voir Severus pour lui demander quel était le problème, et en quoi il concernait Harry et une astérisque.
Personne ne répondit quand il frappa, ce soir-là, à la porte des appartements de son vieil ennemi/ami/collègue/compagnon de bataille/plein de choses. Ni quand il frappa pour la deuxième fois, puis la troisième. Décidant que dans la situation actuelle, il n’y avait pas de raison pour que Severus ait un traitement de faveur vis-à-vis de Dumbledore, il employa le même sort que quelques heures auparavant et entra d’un par ferme dans le salon du maître des potions.
Où il ne trouva personne.
Il fit quelques tours sur lui-même, embêté. Severus était habituellement toujours dans ses appartements à cette heure-là, il était bien placé pour le savoir.
Il hésita une fraction de secondes, puis se dirigea vers la chambre et en ouvrit la porte.
Le spectacle, cette fois, ne le laissa pas seulement sur place mais lui fit perdre toute possibilité de pensées cohérentes. Il fallait dire que de tout ce à quoi il pouvait bien s’attendre dans ce château, la vision de Severus nu avec Harry nu dans un lit en train de faire des bruits intéressants n’en faisait tout de même pas partie.
Puis les deux autres l’aperçurent. Il y eu un « bordeldeputaindemerdec’estpaspossible ! », un « merlinRemusnanc’estpasdutoutcequetupenses ! », puis un grand silence embarrassé.
Un long, looooong silence.

~ ~ ~ ~ ~

Il y a des gens sur qui la vie s’acharne. Severus était parfois stupidement fier de lui-même d’être toujours parvenu à faire face à la sienne. Mais parfois aussi, il se demandait pourquoi il luttait encore.
Comme Remus ouvrait et refermait spasmodiquement la bouche comme un Strangulot à l’air libre, il soupira, s’extirpa du lit, enfila sa robe de chambre sans la moindre pudeur – à ce point, pourquoi s’en faire ? – et partit chercher sa meilleure bouteille de sherry. Quand il revint dans la chambre, le morveux, emberlificoté dans des draps, expliquait soigneusement à un Remus assis au bord du lit et un peu calmé la teneur exacte du Terrible Maléfice qui les frappait tout deux. Severus se laissa tomber dans un fauteuil.
Le loup-garou resta ensuite un moment silencieux. Puis les regarda d’un œil suspicieux.
– Vous êtes en train de me dire que quelqu’un vous à jeté un sort pour que vous soyiez irrésistiblement attirés l’un par l’autre ?
Severus et le gosse hochèrent positivement la tête.
– Et vous n’avez aucune idée de qui il peut s’agir, continua l’homme, légèrement incrédule.
Severus et le gosse secouèrent négativement la tête.
– Si ce n’était pas de vous deux qu’il s’agissait, je dirais que c’est la plus mauvaise excuse qu’on m’ait jamais rapportée, conclut Remus en prenant la bouteille des mains de Severus. Hum.
Severus observa un moment l’homme qui restait silencieux, les sourcils froncés.
– À quoi penses-tu ?
– Hum, répéta Remus. Est-ce que tu as remarqué le comportement bizarre de Dumbledore, dernièrement ?
– Ceci est l’un des plus beaux pléonasmes du monde sorcier, commenta sèchement Severus. Potter, ne croyez pas que je ne vous ai pas vu.
Le morveux, la bouteille à la main, se contenta d’un grand sourire avant de la porter à ses lèvres.
– Non, non, continuait Remus. Je veux dire vraiment bizarre, plus que d’habitude quoi.
Severus lui expliqua succinctement et efficacement qu’il avait d’autres choses à penser ces derniers temps. Remus ne se vexa nullement. Remus ne se vexait jamais. En fait, il se contenta de s’adosser plus confortablement aux oreillers et de réfléchir à voix haute, tout en sirotant de temps à autre son verre, sur ce qui pourrait pousser leur respecté mentor à chercher l’oubli dans l’alcool. Harry, vautré à côté de lui, parfaitement à l’aise, lançait de temps en temps une proposition d’une voix de plus en plus pâteuse et Severus se fit finalement la réflexion que la situation était somme toute assez étrange – et amusante, mais cette deuxième impression était peut-être due au sherry, conclut-il honnêtement.
Il reconsidéra la question quand Harry passa ses bras autour du cou du loup-garou.
– Remusssss, bredouilla le jeune homme. Je t’ai jamais dis mais je trouve tes oreilles sexssssssys…
L’homme leva un regard un peu embué vers le maître des lieux.
– Il tient pas l’alcool, hein ? gloussa le loup-garou.
Oh God. Severus réalisa qu’il avait deux Gryffondor bourrés dans son lit.
Il se lamenta intérieurement quatre secondes, puis Harry commença à mordiller ladite oreille, Remus gloussa, et Severus abdiqua. Après tout, ils étaient majeurs – pratiquement –, consentants, et s’il avait bien compris Dumbledore était bourré, au lit, et ne saurait jamais rien. D’un pas qu’il trouva légèrement titubant, il rejoignit le lit.
Les deux occupants s’embrassaient déjà quand il s’y laissa tomber, et il les observa avec intérêt. Il avait oublié que Remus embrassait si bien. Et observer son ancien et son actuel amants en pleine action était incroyablement érotique.
Finalement, le nouveau professeur de DCFM relâcha son élève.
– Ouah, souffla simplement Harry, les joues rougies.
Remus se contenta de se lécher les lèvres, une nouvelle lueur dans les yeux. La lueur qui quelques années plus tôt faisait invariablement effet sur l’entrejambe de Severus.
– Hé, protesta-t-il malgré lui.
– Oh. Désolé, sourit Remus avant de se l’embrasser à son tour.
Severus décida, dans sa grande magnama- magnati– clémence de lui pardonner. Surtout quand Remus entreprit de le débarrasser de son peignoir. Une main forte et musclée se saisit de son sexe et il eut un ronronnement. Mais l’homme s’écarta de lui et lui désigna Harry qui les contemplait tous les deux avec un sourire béat et pas entièrement clair d’esprit sur le visage.
Severus entreprit de repousser les draps dans lesquels le jeune homme s’était entortillé, tandis que Remus embrassait à nouveau ce dernier. Parfaitement satisfait de la partie qui lui était allouée, le maître des potions lécha et mordilla la nuque de son élève, puis commença à suivre sa colonne vertébrale, jouant des dents et de la langue. Ils étaient tous les trois à genoux au centre du grand lit et Harry était comme une poupée de chiffon entre eux, les yeux clos, les lèvres entrouvertes. Il gémit légèrement quand Severus écarta ses fesses et plongea sa langue en lui – ou peut-être était-ce la main que le loup-garou avait posée sur son membre déjà durci.
Quand les hanches de son élève commencèrent à bouger d’elle-même, Severus se redressa et, sans quitter des yeux le combat ardu de langues que les deux autres occupants du lit se livraient, il fouilla efficacement sous l’oreiller à la rechercher du flacon qui y avait élu domicile depuis quelques semaines. Puis il revint se plaquer contre le dos de leur proie, son sexe s’appuyant au creux des reins du jeune homme et lui mordilla la base du cou. Avec un soupir, Harry se sépara de Remus, les lèvres rougies et brillantes de salives. Severus et le loup-garou échangèrent un baiser par-dessus son épaule, puis le maître des potions glissa deux doigts soigneusement huilés vers sa cible.
La vie s’acharnait peut-être sur lui, songea Severus, mais à cet instant précis, avec deux amants tout à fait acceptables dans son lit et leur goût sur ses lèvres, il n’avait pas à se plaindre. Harry fit un bruit délicieux et renversa sa tête en arrière et Severus pouvait sentir la chaleur qui irradiait de son corps. Remus fixait d’un regard étincelant et un peu hagard le visage du jeune homme.
– … c’est bon… balbutia ce dernier quand Severus enfonça un peu plus ses doigts.
L’homme pouvait deviner ses joues rougies par l’alcool et le plaisir, ses lèvres entrouvertes sur son souffle court et sa petite langue de chat. Severus eut un sourire moqueur quand Remus, semblant revenir sur terre, ôta rapidement sa chemise et commença à déboutonner son pantalon. Le loup-garou ne s’embarrassa même pas à terminer de se déshabiller, saisit le garçon par la nuque, et l’attira doucement mais fermement jusqu’à ce qu’il se retrouve à quatre pattes. Severus déglutit en voyant le visage de son élève à la hauteur de l’entrejambe de son ancien amant, puis resta bouche bée quand ledit élève baissa encore la tête et entreprit sans hésitation de s’occuper dudit amant.
Remus eut un soupir voluptueux, puis lui fit un sourire goguenard. Severus referma sa bouche et se reprit : il avait deux doigts entre les fesses de son élève, il avait autre chose à faire que de fixer cette damnée bestiole de loup-garou comme un adolescent devant son premier porno.
Il les retira, s’attirant un son étouffé mécontent, se prépara rapidement et se positionna. Un grognement lui fit malgré lui relever la tête.
– Oh, God… (Les doigts de Remus étaient crispés dans les mèches sombres de Harry, le loup-garou avait fermé les yeux.) Tu es vraiment un bon professeur, Sev… gronda-t-il.
Le maître des potions se força à ignorer les bruits mouillés qui parvenaient à ses oreilles, et pénétra lentement le joli petit derrière qui lui était offert. Bien entendu qu’il était un bon professeur. Qui en doutait ? Les bruits s’interrompirent un instant, remplacés par un long gémissement, puis reprirent.
Ils commencèrent lentement à bouger tous les trois, et bientôt la chambre s’emplit de grognements et de gémissements. Severus, s’enfonçant régulièrement dans la chaleur de son élève, songea qu’il aurait beaucoup donné pour un miroir, pour pouvoir contempler la scène dans son ensemble. En face de lui, Remus, tremblant violemment, serrait les poings et semblait avoir du mal à s’empêcher de prendre brutalement la bouche qui emprisonnait son sexe. Severus sentit un éclair de mécontentement le parcourir – Remus n’avait pas intérêt à malmener Harry – puis le plaisir reprit le dessus. L’odeur de sueur et de musc de leurs trois corps était délicieuse, presque suffocante. Harry était tellement bon – comme d’habitude. Quand les sons rauques du loup-garou se transformèrent en cris, quand Harry lui-même commença à pousser de petits sons de plaisir autour du membre de son professeur et que sa main disparut entre ses propres cuisses, il enfonça plus profondément ses ongles dans ses hanches tendres et se laissa aller.
Il jouit le premier, et Harry se contracta autour de son sexe et de son sperme, et Severus vit son dos se tendre comme un arc, puis Remus pousser un long cris muet en se cambrant, et ils retombèrent sur le lit dans un enchevêtrement de bras et de jambes luisants de sueur.

~ ~ ~ ~ ~

Harry flotta quelques instants dans une bienfaisante béatitude. Le lit était moelleux sous son corps, les draps doux sous sa joue, les corps des deux hommes tièdes contre lui, et il venait d’avoir le plus intense, le plus brillant de tous les orgasmes de sa jeune existence. La vie était belle, la vie était merveilleuse.
Il fermait déjà les yeux, complètement sonné et repu, quand Remus bougea et entreprit de ramper difficilement jusqu’à Snape. Harry l’observa avec intérêt tandis qu’il évitait les pièges traîtres des draps en pagaille et des oreillers semés sur sa route, et s’approchait du maître des potions inconscient du danger. Avec un rire triomphant et un peu zézayant, le loup-garou saisit sa proie par la taille et l’embrassa dans le cou. Harry gloussa.
Merlin. Ils étaient bourrés jusqu’au trognon, songea-t-il.
Snape tenta bien de protester un peu, pour la forme, mais Remus lui enfonça fermement la tête dans l’oreiller et fourra son nez entre ses fesses.
L’intérêt de Harry redoubla.
Trois minutes plus tard, les joues de l’ancien Mangemort avaient pris une adorable teinte rouge, et il s’accrochait au pauvre oreiller comme si sa vie en dépendait, Remus continuant à s’activer plus bas. Harry, la bouche ouverte, n’avait pas bougé et fixait son terrible professeur d’un œil bovin, médusé.
Remus se redressa et, se léchant les babines, écarta les jambes de l’homme. Le sexe de Harry revint miraculeusement à la vie quand il le vit le pénétrer. Il observa, fasciné, Snape gémir sous les coups de reins de Remus ; le spectacle était incroyablement excitant et, sans réfléchir, il s’approcha et commença à caresser doucement le corps frémissant de son amant.
– Redresse-toi, Sev, gronda Remus sans s’interrompre.
Harry se retrouva face à face avec l’homme, à genoux, qui se faisait empaler par derrière par le loup-garou. Il prit sa bouche et l’embrassa légèrement, un simple effleurement de lèvres et de langues. Puis il suivit l’arc de sa mâchoire, embrassa sa gorge, descendit encore et s’attarda longuement sur l’un des tétons. Les bruits qui s’échappaient de la gorge du maître des potions étaient délicieux. Enfin, il se pencha et prit entièrement le membre dressé dans sa bouche. Snape éjacula et il avala jusqu’à la dernière goutte.
La suite fut un peu confuse, parce que son esprit embrumé par l’alcool rendait finalement les armes. Il jouit lui aussi une dernière fois dans la main de quelqu’un – Remus ? – puis, bien au chaud, ferma les yeux.
– C’est pas juste, marmonna-t-il presque inconsciemment. J’ai jamais été dessus, moi.
– Vous rêvez, Potter, maugréa en réponse une voix lointaine.
Il s’endormit comme une masse.

~ ~ ~ ~ ~

Remus ouvrit les yeux, et une horde de Strangulots prit possession de son pauvre petit cerveau, leurs petits parapodes visqueux fouillant cruellement au cœur de ses neurones. Il avait la gueule de bois, réalisa-t-il.
Puis il regarda autour de lui, et ne reconnut pas sa chambre. Et pour cause, ce n’était pas sa chambre. Puis ses yeux tombèrent sur les deux autres occupants du lit, et le jour se fit dans son esprit – ne chassant pas pour autant les Strangulots.
Ah.
Il resta un long moment pensif, hésitant entre aller porter sa démission à Dumbledore ou réveiller Severus et Harry pour une autre partie de jambes en l’air. Son regard retourna sur eux.
Ils étaient étroitement enlacés, le laissant complètement à part. Harry avait une main posée sur les fesses de l’homme, et le front appuyé contre son torse. La joue de Severus reposait sur le sommet du crâne de son élève, sa main était posée sur sa hanche.
Remus sourit légèrement.
– Un Terrible Maléfice. Mon cul, oui.
Il quitta discrètement la chambre en emportant ses affaires.

Il fallut que McGonagall l’appelle trois fois pour qu’il relève finalement la tête de son bol de café.
– Pardon ? fit-il poliment.
Il n’avait pas envie de faire la conversation. Il voulait encore profiter de cette magnifique nuit.
– Je me demandait, fit la femme en tentant tant bien que mal de cacher son expression concernée, si vous aviez réussi à raisonner Albus.
– Oh. En fait…
Remus récapitula rapidement dans sa tête les derniers évènements. Dumbledore inquiet – et même… culpabilisant ? – à propos de Severus et Harry. Les deux zigotos et leur histoire à dormir debout de Malédiction et de Terrible Farceur. Hum. Soit Dumbledore avait pété une durite en apprenant que ses deux employés s’envoyaient en l’air, mais non, au contraire, ses yeux auraient pétillé plus que jamais et on aurait pu lire sur son visage qu’il l’avait prévu etc. – soit Dumbledore pensait être responsable de la situation… et dans ce cas, cette histoire de malédiction pourrait bien s’avérait réelle…
Remus fronça les sourcils. Mais Dumbledore ne se trompait jamais, n’est-ce pas ?
Admettons que si. (Doux Merlin, essayer de réfléchir avec un gueule de bois.) Severus et Harry se retrouvaient parce qu’ils y étaient contraints ?
Oh… pas drôle.
Hum. Mais ils avaient quand même l’air de bien s’entendre. Ils auraient très bien pu continuer à se détester – et même à se haïr, vu les circonstances. Ce qui n’était pas le cas. À moins que ce ne soit également une conséquence du sortilège, et dans ce cas, quand Dumbledore aurait trouvé la solution, il y aurait deux cadavres à Poudlard, peut-être même trois, le sien, si les deux hommes ne lui pardonnaient pas ce qu’il avait fait.
Il aurait dû les mettre sous Oubliettes, songea-t-il sans aucun scrupule.
– Remus ?
Il releva les yeux vers sa collègue.
– J’ai peut-être une vague idée, assura-t-il.
Mais du Diable s’il savait ce qui allait se passer ensuite.

Finalement, il se résolut à retourner voir Dumbledore. Ce dernier commença par refuser strictement de sortir de son lit, puis éclata en sanglots et lui raconta tout, confirmant ses déductions. Remus lui tapota gentiment la main, songeant qu’il ne pourrait rien en tirer.
Après mûre réflexion, il décida de réunir le Conseil de Guerre.

~ ~ ~ ~ ~

Severus se réveilla, et c’était comme si tous ses chaudrons résonnaient en chœur dans sa tête. Avec un grognement, il tenta de rouler sur lui-même pour enfoncer sa tête dans l’oreiller et tenter de se rendormir, mais ce damné Potter était scotché à lui et l’empêchait de bouger. Il le repoussa sans ménagements, s’apprêtant avec un plaisir sadique à le réveiller, puis il se souvint.
Doux Merlin.
Non. Nononon. Il avait rêvé. Ce ne devait être qu’une vague réminiscence de l’époque où il avait eu la faiblesse de laisser entrer le fichu loup-garou dans son lit. Il n’avait certainement pas couché avec Lupin et Potter à la fois.
Si.
Avec un gémissement, il s’enfouit tout au fond du lit sous la couverture, et ferma les yeux en espérant que quand il les rouvrirait, il serait dans son petit cachot et que la pire chose qui lui arriverait à ce moment serait l’incompétence crasse de Londubat.
Il compta jusqu’à dix, recommença en elfique puis en gobelin, et entrouvrit une paupière avec précaution.
Potter roupillait à quelques centimètres de lui, avec un sourire bienheureux exaspérant. Serrant contre son cœur le caleçon de Lupin.
Severus eut un glapissement rageur et se leva brusquement du lit. La douleur qui sourdait dans une partie de son anatomie que la décence empêche de nommer ne fit que confirmer le cauchemar. Il. Allait. Tuer. Lupin.
Son élève choisit ce moment pour bailler et s’étirer, et la vue du corps délectable gigotant parmi les draps froissés le calma quelque peu. Pour Potter, au moins, ce n’était pas comme si c’était sa faute. Mais Lupin !
Lupin n’avait aucune raison de poser le doigt sur le morveux !
Non mais. Ça allait barder.

~ ~ ~ ~ ~

Harry étouffa un bâillement et se tourna vers son compagnon qui le fixait d’un air sombre.
– Bonjour, fit-il joyeusement.
Snape ouvrit la boucha comme pour dire quelque chose, sembla se ravisa, puis siffla :
– Vous n’avez pas mal à la tête ?
– Non, fit Harry d’un air étonné.
Le maître des potions quitta la pièce en jurant entre ses dents sur l’injustice de la vie.
Harry, encore dans le brouillard, s’assit sur le bord du lit. Quelque chose n’était pas comme d’habitude… mais quoi ?
Oh.
Oh !
Oh, God !
Il piqua un fard formidable. Il ne pourrait jamais regarder Remus en face après ça. Oh. Et Snape qui s’était enfermé dans la salle de bain…
La pensée le frappa brusquement : Snape et Remus avaient été amants. Avant.

Il ne laisserait pas le maître des potions à l’ancien-meilleur-ami-de-son-père-et-de-son-parrain-qu’il-adorait-mais-qui -n’avait-pas-interêt-à-toucher-à-ses-affaires. Même si la… hum, l’expérience avait été intéressante, il n’y avait pas intérêt à ce qu’elle se reproduise.
Décidé, il rassembla ses affaires et quitta les appartements de Snape.

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