Albus le Maudit Farceur
Chapitre VII


Stop!
*ici d'un geste gracieux mais ferme, l'auteur arrête les petits lecteurs impatients qui déjà se précipitent vers le premier paragraphe*
Avant de vous en rendre compte dans quelques paragraphes, j'annonce l'arrivée d'un deuxième couple… le truc étant que ce deuxième couple est hétéro, oui madame, et qu'il ne fait pas que de la figuration, alors un peu de tolérance, aimer quelqu'un du sexe opposé c'est beau aussi, ne venez pas me jeter des chaussettes pleines de cailloux, je fais ce que je veux, sauvons l'espèce menacée des hétérosexuels, bon okay j'arrête de raconter mes conneries, et Kaine il faut que tu me rendes mes coffrets Prince of Tennis, et merci Tia tu m'a motivée, et…

Note: la seconde newyorkaise, d'après Pratchett: "unité de temps la plus courte de l'univers, correspondant à la durée entre l'apparition du feu vert et le coup de klaxon du taxi derrière vous."


Il y avait Hermione, parce que Hermione était réfléchie et méthodique et difficilement déstabilisée. Il y avait Poppy, parce qu'il avait toujours tout raconté à Poppy, depuis ces jours nostalgiques où elle le récupérait à moitié mort les lendemains de pleine lune et le chouchoutait dans l'infirmerie pendant toute la journée. Et il y avait Minerva, parce qu'il fallait bien qu'il en parle à quelqu'un de plus ou moins officiel, même s'il redoutait une crise cardiaque de sa part lorsqu'il lui annoncerait qu'un de ses professeurs et l'élève vedette de l'école entretenaient une relation charnelle – et bien purement et durement charnelle même – quoique, avec un peu de chance, elle se contenterait de tuer Albus, et Severus, et de coller Harry jusqu'à la fin de ses jours…
Assis sur l'un des lits de l'infirmerie, Remus regarda son état-major et soupira.
- J'ai quelques petites choses à vous annoncer…

Il y eut un grand grand grand silence…
Qui s'éternisa…
Minerva semblait transformée en représentation sculpturale d'amphibien géant guettant sa mouche; Hermione avait les yeux fixés sur Remus comme si son regard avait été directement scotché vers le visage du loup-garou; Poppy s'était tranquillement levée pour aller extirper une bouteille à but médicinal incertain de l'armoire à pharmacie, et avait entreprit de remplir des verres.
Sous peu, l'Ecole entière verserait dans l'alcoolisme, songea Remus.
Puis Minerva et Hermione retrouvèrent leurs esprits.
- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAARRRRRGH!
- COMMMMMMMMEEEEEEEEEEEEEENNNNNNNT?!

- Je n'arrive pas à y croire, répéta Minerva pour la 36ème fois en reprenant une gorgée de whisky.
Les trois autres étaient tant bien que mal parvenus à l'empêcher de filer en direction de la porte, une lueur tueuse dans le regard, et elle s'était à présent relativement calmée.
- Mmmh, fit Hermione.
Ses yeux semblait pensifs, mais Remus pouvait presque distinguer les petits rouages de son cerveau fonctionnant à plein régime.
- Bah, ce n'est pas une première, fit philosophiquement Poppy.
Visiblement, elle en avait vues d'autres dans sa vie.
- Mais Snape! s'exclama Minerva.
- Si c'est un sortilège vraiment puissant, je ne vois pas ce qu'il aurait pu faire, répliqua l'infirmière.
- Professeur Lupin, vous êtes certains que c'est bien un sortilège? demanda Hermione d'un ton absent de toute trace de malice ou de suspicion douteuse, mais Remus doutait fortement que la brunette ne sache (ou ne s'imagine savoir, mais honnêtement elle devait tout simplement savoir) davantage de choses que les autres – en fait, Hermione était une sorte de Dumbledore sérieux, et c'était tout aussi terrifiant, parce que les gens ne s'imaginaient pas qu'elle puisse savoir tout ce qu'elle devait savoir.
Il repensa à Severus et Harry tels qu'il les avaient trouvés le lendemain matin, puis secoua la tête; lui aussi aurait préféré cette solution – tout d'abord, ç'aurait été hilarant.
- Certain. C'est Dumbledore lui-même qui me l'a confié, et il parait véritablement catastrophé (c'était un faible mot, songea-t-il) par ce qu'il a fait.
- Donc, le seul problème est de trouver un antidote à cette potion, exact? Sachant que nous ne connaissons pas les effets qu'on pu produire l'erreur de Albus? demanda Poppy.
- Voilà.
Ils restèrent tous les quatre pensifs.
- Et aussi surveiller un peu les deux "victimes", que leurs ébats restent discrets, ajouta Remus tout de même. Il serait assez gênant que quelqu'un tombe sur eux en plaine action…
- Tout de même, renifla Minerva, je suppose qu'ils font ça en privé dans les appartements de Severus. Il y a peu de chances pour que cela survienne.
Remus ne répondit pas mais crut sentir peser sur lui un court instant le regard suspicieux de Hermione. Mais il devait rêver, c'est ça, il se faisait des idées…
- Bien, je suppose que Hermione, Remus et moi réfléchiront sur cette potion; Minerva, tu tenteras de remettre Albus sur pieds?
Le professeur eut un pincement de lèvres. Remus la soupçonnait de temps à autres de ne parfois réellement plus supporter les bêtises de leur Directeur.
- Bien sûr, fit-elle enfin comme à contrecœur. (Puis elle se prit le visage dans les mains.) Pourvu que tout ça ne s'ébruite pas…
- Boh, l'Ecole en a vues de pires et personne n'a jamais su, fit Poppy avant de finir son verre d'un trait. Toi-même, avec le Pr Pensée, en sixième année…
Elles commencèrent à glousser et Remus rencontra le regard de Hermione, qui transposait parfaitement sa pensée: il ne voulait pas en savoir davantage.

~oOo~

Ce soir-là, tel celui d'un épervier myope, le regard de Hermione ne quitta pas le visage de Harry du repas.
Elle avait beaucoup, beaucoup de mal à se convaincre que Harry se ferait le soir même trousser par Snape – ainsi qu'il s'était fait trousser les nuit précédente, d'ailleurs. Snape. Et Harry. Harry et Snape.
C'était, après tout, une idée follement amusante.
Elle soupira et touilla machinalement le contenu de son assiette (qui, se révélant une côte de bœuf, en fait accepta mal de se faire touiller, parce que les côtes de bœuf ont leur fierté, notamment celle de ne pas être assimilées avec de quelconques ragoûts de légumes, c'est vrai quoi, ce sont de nobles tranches de viandes). La chose aurait tellement été plus intéressante s'il ne s'était pas s'agit d'un sortilège. Parce que, dans ce cas, elle aurait pu explorer les pourquoi et les comment d'une relation entre ces deux-là, alors qu'il ne s'agissait en fait que d'un contrainte qui leur était imposée…
Elle se demanda de quelle façon ils la vivaient. Elle se demanda s'ils y allaient, chaque soir, plutôt consentants ou au contraire à reculons – et dans ce cas, la chose devait être plutôt horrible. Elle se demanda pourquoi ils n'en avaient encore parlé à personne, mais après tout, sans doute que Snape n'aurait même jamais envisagé de demander de l'aide à quelqu'un, ni même de le mettre au courant d'une situation qu'il devait percevoir comme très désavantageuse pour ne pas dire pitoyable pour lui-même. Elle se demanda pourquoi Dumbledore avait craché le morceau à Remus entre tous, et même si Remus ne l'aurait pas appris d'une autre façon, par exemple en rentrant par mégarde dans les appartements d'un collègue, où il avait dû tomber sur une scène joliment intéressante, mais c'était une hypothèse forte improbable, parce que dans ce cas Remus n'en serait sans doute pas ressorti vivant, ce qui aurait été dommage par ailleurs, elle aimait bien Remus.
- Hermione, on en est au dessert, lâche cette pauvre côte de bœuf, la réveilla Ron.
- Ho.
Hermione se sentait dévorée de curiosité.

Ce soir-là, Remus fit irruption dans le laboratoire où elle l'attendait, en compagnie de Mme Pomfresh. Il déposa sur la table un lourd volume relié.
- Voilà, fit-il en tournant les pages rapidement. La formule est… ici.
Hermione se pencha. Des lignes et des lignes d'écriture serrée couvraient le vieux parchemin. Avec, tout en bas, un minuscule astérisque.
- Au travail, je suppose, fit Poppy.

~oOo~

Une semaine passa rapidement. Ils n'avaient guère progresser, aucun d'entre eux n'étant véritablement un spécialiste des Potions. Pour être réaliste, la personne la plus qualifiée pour ce travail aurait été Snape, et Remus avait argumenté en prétendant que ce dernier devait aussi effectuer ses recherches, mais que les leurs ne seraient pas de trop. Tout au fond de lui-même – pas si profond que ça, en fait – il doutait fortement que Severus mène actuellement une quelconque recherche.
Il étaient plus ou moins parvenus à cerner le problème: la potion devait réveiller la libido, ce qui pour une personne à l'activité sexuelle "normale" ne devait pas signifier trop de soucis. Mais pour une personne sans aucune activité… Hermione avait sorti une joli métaphore comparant la situation avec un petit cours d'eau paisible ravagé par un tsunami.
Leurs expériences se déroulaient paisiblement, ponctuées par le bavardage agréable de Poppy et les réflexions pertinentes de la jeune fille. N'eut été sa propre libido rugissante depuis la fameuse nuit, Remus aurait presque trouvé ses journées agréables. Mais, honnêtement, il se voyait mal s'interposer de nouveau entre Severus et Harry. L'homme l'ignorait superbement comme il l'avait toujours ignoré, et Harry avait piqué un énorme fard en le revoyant le lendemain, jusqu'à ce que Remus se sente obligé de lui tapoter gentiment la tête et de lui dire de ne pas s'inquiéter et de ne plus y penser. Non, interférer entre ces deux-là ne serait pas une bonne idée. Et puis, quelque part, il se serait senti jaloux…
Il aurait peut-être dû garder une main ferme sur Severus, à l'époque. Mais il ne pensait pas que cela aurait marché. Oh, le sexe était bien… mais l'homme insupportable dans la vie de tous les jours.
Il souhaita mentalement bon courage à Harry.

- Il n'y a plus de poudre de fève de cacao…
En effet, constata Remus baissa les yeux vers le pot que tenait Hermione. Un comble pour lui qui aimait tant le chocolat.
Poppy tenta de dissimuler un énorme bâillement.
- On pourrait peut-être en rester là pour ce soir? proposa Remus.
L'infirmière hocha la tête, mais l'adolescente fit la moue. Elle ne savait peut-être pas qu'elle était très jolie comme ça, loin de son air sérieux.
- J'aurais aimé terminer cette série de tests…
- Il doit en rester dans la réserve du laboratoire de Potions. Poppy, vous devriez vous coucher, vous avez l'air horrible.
- Merci! fit la femme d'un air faussement outragé.
- Hermione et moi allons nous occuper du reste, conclut-il avec un joli sourire.
La vieille dame lui fit un hochement de tête reconnaissant et s'éclipsa.
- Je vais à la réserve? proposa Remus.
Hermione haussa les épaules.
- Je vous accompagne, ce n'est pas comme si je pouvais faire quelque chose en attendant.
Ils s'éloignèrent en bavardant de sujets que Remus veilla à demeurer innocent. Il n'aimait pas l'air pensivement suspicieux qu'elle lui jetait de temps en temps – non pas qu'il ait réellement quelque chose à se reprocher, non, mais après tout Hermione était l'amie de Harry, et bon, Remus avait approché Harry d'assez près récemment, peut-être même de trop près, pourquoi avait-il l'impression que tout le monde lui en voulait/voudrait à cause de ça?
- Déjà visité la réserve?
- Oui, en deuxième année… (Hermione s'arrêta, la bouche ouverte, et rougit légèrement.) Peut-être pas de façon très régulière… hum…
Deux minutes plus tard Remus pleurait de rire.
- Un poil de chat! Mwahahah!
- C'est bon, hein… ronchonnait son élève.
Il la regarda avec un soupçon d'admiration: une potion de Polyjuice en deuxième année…
- Nous y sommes.
D'un sortilège, Remus ouvrit la porte, et ils pénétrèrent dans la réserve où flottait une odeur piquante d'herbes et de simples.
- Je me le suis toujours demandé, qu'est-ce qui produit cette lumière diffuse?
- Comme on ne pouvais pas ouvrir directement sur l'extérieur, à cause de l'humidité, les murs ont été enduits d'une peinture spéciale qui éclaire suffisamment pour voir mais pas assez pour endommager certains produits, expliqua Remus en s'engageant entre les rangées de hautes étagères. Alooors… les fèves de cacao…
- C'est.. hum… assez désorganisé, remarqua Hermione, et dans ses yeux brillaient une intense fièvre de rangement et de classification.
- Hu hu… fit Remus avec un léger sourire. Ca pourrait constituer un bon petit job de vacances…
Hermione lui fit une grand sourire.
Ils explorait les rayons à la recherche de la précieuse poudre quand ils entendirent la porte s'ouvrir et claquer contre le mur. Ils échangèrent un regard, sourcils haussés, et Remus allait ouvrir la bouche…
- Oh fuck, enlevez votre pantalon!
- Un peu de patience, Potter…
Remus ferma les yeux, ses pensées se résumant à un grand "Meeeeeeeerde".

~oOo~

Il n'y avait aucun mais alors aucun doute quant aux propriétaires des deux voix. Après tout, Hermione les avaient entendues quotidiennement pendant presque sept ans.
Harry et Snape.
Dans la réserve.
Et certainement pas pour y chercher des ingrédients, compléta le cerveau de la jeune fille à la vitesse de la lumière.
Elle ne sut pas si c'était elle qui avait attrapé le coude de Remus, ou ce dernier qui l'avait saisie par l'épaule, peut-être les deux, mais ils plongèrent derrière l'étagère la plus proche en moins d'une seconde new-yorkaise. Hermione se retrouva accroupie, l'esprit blanc, les yeux écarquillés.
- S'il vous plaît… *un bruit de vêtements* Oooh…
Même en sept années, Hermione n'avait jamais, jamais entendu Harry parler de cette manière.
- Si impatient, Potter…
Elle n'avait jamais non plus soupçonné que Snape puis avoir une voix aussi outrageusement sexy. Un frisson lui remonta la colonne vertébrale, la laissant échapper un soupir.
Une main lui effleura le bras, la faisant légèrement sursauter. Remus, un sourcil haussé, les joue colorées et l'air embarrassé, fit un geste vers une autre rangée de rayonnements. Hermione comprit immédiatement: en faisant le tour de la pièce, ils devraient rester assez à l'abri des regards pour gagner la sortie – en espérant que les deux tourtereaux cessent d'utiliser la porte comme support à leurs ébats et s'en éloignent un peu.
Tandis que les soupirs et les gémissements gagnaient en volume, ils trottinèrent, baissés, le long de la rangée. Un cri un peu plus fort l'arrêta machinalement sur place, le regard attiré par un interstice entre deux fioles diverses: Snape et Harry avaient titubés à quelques pas de la porte, s'embrassant d'une façon proprement… débauchée, la main de l'homme bougeant de façon significative entre eux. Elle sentit son visage prendre feu, puis Remus l'attrapa par la main et l'entraîna à nouveau.
Ils avaient atteint l'angle de la pièce, il ne restait plus qu'à quitter l'abri que leur offrait une dernière étagère, se glisser entre une table et le mur et longer celui-ci jusqu'à la porte. Sur leur droite, à trois mètres au grand maximum, Harry suppliait d'une voix languissante et Snape souriait, les yeux brillants. Hermione n'avait jamais eu aussi chaud.
Sa main dans celle de Remus, elle se préparait à bondir silencieusement avec lui vers la sortie, quand un long gémissement lui fit dresser tous les poils de son petit corps et la stoppa net. Fascinée, elle vit Harry se tordre entre les bras de Snape, les yeux clos dans un expression de jouissance incroyable. L'homme se pencha et l'embrassa longuement, jusqu'à ce que le jeune homme se serre contre lui et lui rende son baiser, puis se redressa et passa lentement sa langue sur ses doigts, sans quitter son partenaire du regard. C'était le spectacle le plus excitant auquel Hermione ait jamais assisté.
Puis le Maître des Potions saisit son élève par la taille, le souleva, et vint le plaquer sur la table à quelques centimètres des nez des deux voyeurs involontaires – celle précisément derrière laquelle ils comptaient passer discrètement, la chose semblant à présent fort compromise. Tous deux se rabattirent prestement un peu plus derrière l'armoire – mais pas au point de ne plus voir la scène, leurs yeux semblait-il inexorablement attirés par le couple, songeant à peine à l'idée qu'ils pourraient se faire remarquer – et honnêtement, renchérit cependant un infime part de l'esprit d'Hermione, Snape et Harry semblaient trop occupés pour remarquer un troll explosant le mur et traversant la pièce.
Harry avait quelque part dans le procédé perdu ses chaussures et ses chaussettes, et Snape avait complaisamment entreprit de le débarrasser de tout ce qui pouvait entraver sa progression vers un but certain. Quand, le pantalon et le caleçon de Harry encore pendant à sa cheville, l'homme se mit a genoux et le prit dans sa bouche, Hermione se rendit compte qu'elle avait omis de respirer depuis un bon petit moment.
L'idée de détourner le regard et d'aller se cacher au fond de la réserve lui effleura brièvement – très brièvement – l'esprit. Mais elle avait une merveilleuse vue sur le visage de Harry, et un reste mal placé de raisonnement scientifique lui souffla qu'elle n'aurait sûrement pas l'occasion prochaine d'observer un tel spectacle. Quand Remus jeta un sort d'Invisibilité, la prit par les épaules et la plaça face à un espace dans l'étagère entre deux livres, d'où elle pouvait bien mieux observer sans risquer le lumbago, elle lui prêta à peine attention.
Harry écarta lascivement les cuisses, révélant la main de Snape sur son sexe dressé, la bouche de ce dernier sur ses testicules. Puis les doigts de l'homme glissèrent un peu plus bas, jusqu'à arracher un halètement et un "oui" pressé au jeune homme. Snape eut un léger sourire et son majeur se glissa dans son partenaire.
C'était comme s'il avait touché Hermione elle-même. La jeune fille sentit une onde de plaisir monter de son bas-ventre et une sensation mouillée s'installer entre ses jambes. Merlin, cet idiot de Préfet de Serdaigle n'était jamais parvenu à l'exciter la moitié de cela. Elle fut brusquement consciente du corps de Remus derrière elle – grand, chaud, et tendu comme un arc. Remus – était-il simplement monstrueusement embarrassé, ou dans le même état qu'elle? Après tout, Remus n'était pas qu'un professeur gentil et sympathique avec ses élèves…
Snape s'était redressé et, trois doigts plongés entre les fesses du jeune homme, contemplait Harry dont la tête roulait d'un côté et de l'autre sur la table, en rythme avec les mouvements de son aîné, ses cris de plaisir ponctuant le silence de la pièce. Hermione ne sut jamais si c'était elle qui s'était reculée, ou Remus avancé, mais son dos se retrouvé plaqué contre le torse de l'homme, et – et bien, visiblement, Remus n'était pas qu'embarrassé, le spectacle semblait aussi lui faire son effet. Presque inconsciemment, tout simplement parce que c'était agréable, elle se frotta de tout son long contre lui.
Quand les mains du loup-garou se posèrent sur elle, elle ne fut pas surprise, cela semblait logique. Des mains grandes et solides, qui eurent tôt fait de se glisser sous sa chemise et de caresser sa taille, et son ventre. Devant elle, la langue de Snape avait rejoint ses doigts, et sous la caresse les gémissements de Harry s'étaient fait plus languissants.
Une bouche se posa dans le cou de la jeune fille, tandis qu'une des mains remontait, se glissait sous son soutien-gorge. Elle soupira et s'étira tandis que le souffle chaud de Remus lui effleurait l'oreille. C'était bon, c'était bon, c'était bon. Elle voulait… oh. L'homme taquina son mamelon, presque durement. Son érection était pressée contre ses fesses, et Hermione se sentait brûler de tous ces endroits où il la touchait.
L'autre main avait agilement déboutonné sa jupe, qui était tombée à ses pieds. Elle n'hésita pas, s'appuya contre lui et écarta les jambes – dans l'état où elle était, au diable les préliminaires. La main se glissa sous le dernier fin vêtement avec une délicatesse surprenante. Se mordant les lèvres, elle attendit – Remus l'effleura légèrement à quelques reprises, avant de plonger son doigt un peu plus profondément.
Elle laissa échapper un faible son – c'était tellement bon. Le doigt explora l'intérieur mouillé de ses lèvre, toucha légèrement son clitoris. Rien n'existait plus que son bas-ventre et ces sensations, et la main de Remus sur son sein, et sa bouche taquinant son oreille. Ses vêtements froissés contre son corps, le froid de la pièce contre sa peau brûlante ne faisaient qu'amplifier le tout. Le doigt se fit plus insistant et elle laissa sa tête tomber en arrière. Elle en voulait plus… plus…
Remus abandonna sa poitrine pour la prendre par la taille et la serrer un peu plus contre lui, et son doigt s'aventura un peu plus loin. Avant qu'elle ne l'ai vraiment réalisé, il l'avait pénétrée.
Leur position n'était peut-être pas parfaite, mais elle n'y songea pas sur le moment. Le doigt de Remus glissait en elle d'une façon merveilleuse, elle n'était jamais parvenue à se faire autant de bien elle-même, et elle avait envie de crier et de gémir comme la dernière des chattes en chaleur. Ses yeux accrochèrent un instant la raison de première de la situation, en l'occurrence Harry, à plat ventre sur la table, en train de se faire prendre par derrière par Snape, et elle eut une bouffée de compréhension envers son ami. Puis elle l'oublia totalement en sentant – oh Merlin – ce qui était à n'en pas douter l'érection de Remus se glisser sous sa culotte et s'installer entre ses fesses. Oh, juste retour des choses, songea-t-elle en se frottant contre lui. Ce fut au tour de l'homme de laissait échapper un faible son.
Ils laissèrent tomber toute tentative de cohérence, et adoptèrent, en synchronisation avec les deux visiteurs, un rythme de plus en plus frénétique. Hermione, les fesses collées contre le bassin de Remus, avait les mains agrippées à l'étagère dans une frêle tentative d'équilibre. Elle avait accepté avec reconnaissance que Remus la bâillonne de sa main pour l'empêcher de crier. Les gémissements non retenus de Harry et de Snape résonnaient à ses oreilles. Au bord de l'orgasme, elle sentit Remus se tendre et quelque chose de mouillé se répandre depuis le creux de ses reins jusqu'entre se fesses, et elle jouit à son tour.


~oOo~


- Bordel de putain de merde, fut la première chose que pensa Remus en recouvrant un peu ses esprits.
Il tenait entre ses bras une Hermione aux jambes flageolantes, à la respiration encore essoufflée, et aux joues adorablement colorées. Une partie de lui-même l'informa qu'il était prêt pour un autre round, mais il la repoussa fermement. Bon, d'abord se tirer d'ici, il penserait aux conséquences plus tard.
Comme Harry et Severus semblaient avoir béatement perdu conscience après leurs exploits, et reposaient sur le sol glacé, il prit sans façons Hermione dans ses bras, attrapa la jupe qui traînait au passage, et, toujours sous le couvert de son sortilège d'Invisibilité, quitta la pièce avec plus ou moins de discrétion. Il parcourut deux ou trois couloirs avant de s'arrêter et de déposer la jeune fille.
Ensuite suivirent quelques secondes incroyablement embarrassantes.
Hermione était écarlate et osait à peine le regarder. Il inspira profondément.
- Je suis désolée, fit-il le plus calmement possible.
Elle lui jeta un regard surpris.
- Non!... c'est moi! Enfin je veux dire… (elle fit une grimace et un geste embarrassé)… ce n'était peut-être pas un comportement très convenable de ma part…
Oh! Oh.
- De la mienne non plus, dit Remus en se grattant la tête. Surtout étant donné ma position et –
- Remus, fit-elle avec un sourire mi-amusé mi-embarrassé, je suis majeure depuis plusieurs mois maintenant, alors bon…
- Oui…
- Hum…
Ils s'observèrent fixement les ongles un bon moment. Puis Hermione lâcha d'une voix absente:
- Ils allaient quand même très bien ensemble tous les deux…
Remus allait répondre quand un hurlement retentit au bout du couloir. Alarmés, ils se tournèrent pour apercevoir… Dumbledore, à genoux, en train de s'arracher les poils de la barbe.
- NAAAOOOOOONNN! EN PLUS C'EST CONTAGIEEEUUUUX! J'AI SEME UNE MALEDICTION DANS CETTE ECOOOLE! YAAAAAAARGH!
Puis il s'enfuit en pleurant.
Remus et Hermione s'entre-regardèrent.
- Vous avez oublié de… de refermer votre pantalon, fit la jeune fille en détournant pudiquement le regard.
Avec un grand sourire, Remus lui tendit sa jupe.


~oOo~


- Encooooore…
Severus grogna.
- Potter, laissez-moi reprendre conscience.
Ouvrant un œil, il s'aperçut que le morveux, les yeux clos, un sourire béat aux lèvres, se frottait contre lui. L'imbécile n'était même pas réveillé.
Il se redressa avec un juron. Les sols pavés et froids n'étaient plus de son âge. A côté de lui, le jeune homme fit de même en s'ébouriffant les cheveux.
- Woah.
- Je vous remercie. (Severus était déjà debout en train de se réajuster.) Mais pourquoi la réserve?
- Je me demandais si vous aviez un fantasme vis-à-vis de vos précieux ingrédients. (Harry évita le coup avec toute l'agilité d'un Attrapeur.) Par ailleurs… vous ne trouvez pas qu'il y avait un peu d'écho? C'était amusant.


A suivre!