(Mwahahaaah, j'ai écrit une lettre d'amûr XP Je ne sais pas si je serais capable d'écrire une lettre comme ça dans la vraie vie; d'un autre côté, ce pauvre Ron peut pas lui dire en face, il n'est pas là. Le malheur des relations amoureuses, c'est le timing. Non, sérieusement.)


~oOoOoOo~


Littérature
Chapitre Cinquième
On est dans la merdeuh.


~oOoOoOo~

" 'Puis-je vous inviter à dîner demain soir?'
Le jeune attrapeur sourit d'un air niais – avant de réaliser qu'il était en train de baver son dentifrice sur sa belle chemise.
- Merde, marmonna-t-il en faisant disparaître les dégâts d'un coup de baguette, avant de terminer de se brosser les dents avec plus d'attention.
Comment pourrait-il regarder son beau journaliste en face s'il avait de longues traînées blanchâtres sur sa chemise, hein, hein? Quoique… Il s'essuya la bouche et adressa un sourire ravi à son reflet. Le jeune homme était vraiment séduisant, sympathique, et surtout, comme une certaine personne, il n'était pas marié depuis quinze ans avec un sorte de sangsue qui lui lançait des regards noirs dès qu'il approchait son entraîneur à moins de deux mètres… Il fronça les sourcils. Enfin, il espérait qu'il n'était pas marié – non, se reprit-il après un rapide calcul dans sa tête, en tous cas certainement pas depuis quinze ans, à moins qu'il ne soit originaire d'un pays où on mariait les enfants pré-pubères, ce qui semblait peu probable, mais enfin, c'était bien le genre de trucs qui pourrait lui arriver, avec son manque de bol habituel…
On sonna à la porte.
Il s'y précipita en sautillant, avant de se reprendre, de réajuster son col de chemise, et d'ouvrir avec un grand sourire charmeur.
Qui se figea légèrement en avisant son visiteur.
- Bonsoir, fit d'un ton penaud l'homme de sa vie – pas le journaliste, hélas, l'autre. Je… j'espère que je ne te dérange pas?
*J'allais justement sortir avec un mec super-mignon pour justement vous oublieeeeeer!*
- Mais non, pas du tout, fit-il civilement en lui faisant signe d'entrer. Un problème? ajouta-t-il en refermant la porte.
- Non, rien de grave, fit l'homme avec un geste de la main, c'est juste que je… j'ai trouvé ma femme au lit avec… une autre femme!
Et il éclata en sanglots."

- Alors, alors, c'est pas mal hein? demanda Ron avec un air impatient sur le visage.
Sebastian, un léger sourire aux lèvres, se gratta pensivement le menton.
- C'est vrai que ça change un peu. Et ensuite, je suppose que ton héros va s'empresser de consoler le pauvre homme, non?
- Je ne sais pas encore, dit l'auteur en ouvrant de grands yeux. Qu'est-ce que tu en dis?
- Je dis que ce petit journaliste mériterait un peu plus que de passer aux oubliettes, fit le brun d'un air impassible.
- Bah, je peux toujours le mettre avec la femme de l'entraîneur, proposa Ron en s'inspectant les ongles.
- Tu viens de dire que c'est une harpie et qu'elle aime les femmes.
- J'ai dit que c'est une sangsue, et elle peux être bi.
- Non, pas le journaliste avec la femme de l'entraîneur.
Ron eut un grrrrand sourire.
- Je savais que tu avais un petit faible pour le journaliste.
Sebastian lui jeta la feuille à la tête.

Il y avait un peu plus d'un mois qu'ils se voyaient tous les samedis. Ils se retrouvaient à Pré-au-Lard, et allaient ensuite dîner quelque part. Ils avaient même été, la semaine précédente, assister à une pièce de théâtre où il était question d'un homme riche et distingué faisant le pari avec un ami de transformer, en deux mois, une petite marchande de fleurs tirée du ruisseau en véritable duchesse. Ron avait été assez surpris quand Sebastian l'avait traîné dans un quartier moldu et avait fait la grimace en avisant le théâtre. Après la représentation, il avait passé la soirée à se rappeler des répliques du personnage principal. Au bout de trois heures, Sebastian l'avait prévenu que s'il entendait encore une fois prononcer le nom de Higgins, il le tuait. C'était ce soir-là qu'ils avaient commencé à se tutoyer.
Ils se séparaient chaque fois après un baiser – l'unique de la soirée.

Hermione et Harry le regardaient d'un air grave. Ron soupira.
- Je n'ai plus le droit de passer mes samedis comme je l'entends? demanda-t-il d'un ton peu amène.
- Tu n'as pas le droit de passer tous tes samedis avec un homme que tu ne connais de nulle part, sous une fausse identité, sans savoir où ça va te mener, trancha froidement Hermione. Ron… reprit-elle plus doucement. Tu ne sais même pas qui il est ou ce qu'il fait dans la vie. Et tu ne pourras jamais lui dire la vérité.
- Je suis d'accord avec Hermione, dit simplement Harry.
Ron se leva brutalement et quitta la pièce, en colère. Contre lui-même parce qu'il savait que, aussi mélodramatique que cela puisse paraître, c'était on ne peut plus vrai.

- Je… hum… je ne pourrai pas venir samedi prochain, annonça Ron avec un sourire gêné. C'est l'anniversaire de ma meilleure amie et elle me tuerait si j'était absent.
Enfin, Hermione allait finir par le tuer un jour ou l'autre, mais il espérait retarder encore un peu le moment.
- Oh. (Quelque chose passa dans les yeux sombres de son interlocuteur, il n'aurait su dire quoi.) Bien entendu, dit Sebastian d'un ton impassible. Je comprends parfaitement.
Il y eut un léger silence, puis le jeune homme ajouta, avec ce qui semblait de la simple politesse :
- Veux-tu qu'on essaie de se voir dans sa semaine?
Ron secoua la tête, à contrecoeur.
- Je suis désolé, mais en semaine c'est assez… difficile.
Sebastian eut un petit geste.
- Pas de problèmes.
Le reste de la soirée fut silencieux et maladroit.

Ron se sentait au bord des larmes. Après tout, il devait réellement être là pour l'anniversaire la semaine prochaine, et il ne pouvait vraiment pas sortir en semaines. Alors pourquoi se sentait-il si mécontent de lui? Pourquoi Sebastian ne disait-il rien?
Ils se séparèrent sur un baiser qui, pour la première fois, n'avait rien d'agréable.


~oOo~


" - Je suis tellement désolé d'être ce que je suis, murmura l'adolescent en levant son visage en larme vers son amant – son amant sinon par le corps, du moins par l'esprit.
L'homme secoua la tête.
- Ce n'est pas de ta faute. Peut-être… peut-être que nous ne sommes pas faits l'un pour l'autre, simplement.
Il avait parlé avec douceur, mais ses mots furent autant de poignards qui transpercèrent la poitrine du jeune homme, lui coupant le souffle. Il savait ce qu'il était, il savait le malheur qu'il apportait à tous ceux qui l'entouraient, il savait aussi qu'il ne pouvait même pas laisser son aimé profiter de son corps, qu'il ne risquait que de lui transmettre son fléau; et pourtant, il avait espéré…"

Severus rejeta violement le livre sur le bureau, où il glissa longuement avant de chuter au sol. Il se sentait tellement stupide. Bien sûr, qu'Andrew avait ses propres amis, et son propre emploi du temps, et sa propre vie. Bien sûr qu'il ne voulait pas y mêler Severus – non, Sebastian. Et s'il ne voulait pas y mêler un jeune homme intelligent avec qui il semblait bien s'entendre, que penser d'un vieux maître des potions amer et détesté de tous? Severus se dégoûtait lui-même.
Il aurait fallu de si peu de choses, juste qu'il lui propose de venir avec lui, par exemple. Severus ne pensait pas qu'il aurait accepté – il ne voulait pas rencontrer des gens qui, peut-être, lui poseraient des questions sur ce qu'il faisait, qui, peut-être, lui proposeraient de participer à encore d'autres choses. Andrew lui suffisait. Mais Andrew ne lui avait pas proposé, Andrew n'avait même pas un instant à lui consacrer dans les deux semaines qui allaient venir.
Il se détestait, et en même temps se sentait horriblement soulagé. Andrew Sealloy allait simplement petit à petit le laisser tomber, sans qu'il n'ait à intervenir, sans qu'il y soit pour quoi que ce soit. Les choses seraient mille fois plus simples que de devoir le repousser, un jour, peut-être quand ils seraient l'un et l'autre profondément attachés. Il n'y avait pas encore réellement songé, mais le fait qu'il allait devoir un jour laisser là le jeune homme sans rien lui expliquer était tout aussi inéluctable que terrifiant. Peut-être que tout était pour le mieux, finalement.
Alors pourquoi avait-il si mal?

Il passa une semaine horrible, et ne parvint même pas à se sentir mieux en enlevant un nombre record de points aux Gryffondors.

Le samedi suivant, il se retrouva pourtant devant la porte de la Tête de Chien, sous son aspect de Sebastian. Il n'y venait pas pour Sealloy, oh non, il était peut-être légèrement énamouré, mais pas stupide au point de penser que l'objet de ses pensées serait présent juste parce qu'il le désirait. Non, il était venu parce qu'il s'était finalement habitué à sortir le samedi soir par tous les temps, il s'était fait à l'atmosphère enfumée et sinistre du pub, où personne ne venait jamais déranger personne, il s'était même fait à la boisson âcre que l'établissement osait appeler bière. Il espérait simplement qu'il n'allait pas se ridiculiser en se laissant submerger par un ridicule sentiment de vide ou de nostalgie.
Mais il était Severus Snape, constata-t-il après quelques verres tranquillement bus, l'homme qui savait cacher ses émotions. Et cette pensée le déprima encore davantage, jusqu'à ce que, pour la première fois depuis que Severus avait mis les pieds dans la place, le patron quitte son bar et s'approche de lui, mâchonnant un vieux bout de chique.
- V'z'êtes 'Bastian Quekchose? fit-il sans intérêt aucun.
Severus resta un quart de seconde interloqué, puis hocha la tête. L'homme lui tendit une enveloppe qui avait dû traîner dans pas mal de flaques de bière.


~oOo~


" Okay. Il était en pyjama, et il était dans son lit. Et comme son appartement était minuscule et comme il était extrêmement poli et comme son entraîneur lui avait intime de ne pas dire de conneries et que le lit était assez grand pour deux, il était donc en pyjama, et dans son lit, avec son entraîneur. Il n'avait pas réellement prévu cette fin de soirée. Ou du moins, il avait imagine une autre personne dans le lit à côté de lui. Il ne savait pas s'il était content ou mécontent du changement, pour l'instant il était entièrement, totalement confus.
L'homme bougea, et il se raidit légèrement. Il était sensé dormir, raisonnablement tourné vers le mur. Il n'était pas sensé fantasmer sur ce corps tout proche, avec toute sa force tranquille et sa délicieuse odeur masculine et nonnonnonnonnon. Oh, God.
- Hé.
D'accord, il n'était pas le seul à ne pas dormir. Mais la nouvelle ne l'arrangeait vraiment pas.
- Mmh? marmonna-t-il.
- Comment, je veux dire, comment elle a pu faire… "ça" avec une femme?
Le jeune homme aimait vraiment son entraîneur. Non, c'était vrai, il était incroyablement gentil, grande gueule, viril, plein d'humour. Il était là quand il y avait un problème. Et lui-même était bien entendu entièrement prêt à lui rendre la pareille, simplement… c'était la 53ème fois qu'il posait cette question absolument stupide dans la soirée.
Il se retourna et, dans la demi pénombre, planta ses yeux dans ceux de l'homme.
- Monsieur… avec tout le respect que je vous dois, lâchez-moi le cul. Je suis gay et ce soir j'avais la parfaite intention de m'envoyer en l'air avec un adorable jeune homme récemment rencontré, alors si vous posez encore une fois cette question, je vous fous à la porte. Malgré toute l'estime que j'ai pour vous.
Et il lui tourna le dos et renfouis sa tête dans l'oreiller, s'attendant sans trop de déception à ce que l'autre décampe. Mais l'homme fit simplement "Oh." et ne dit plus un mot.
Il soupira."

- Ca s'appelle être amoureux, lui expliqua Hermione.
Ron cligna des yeux.
- Je ne suis pas amoureux! protesta-t-il.
- Laisse-moi reprendre ce que tu viens de me dire. Vous vous voyez tous les samedis depuis deux mois, tu lui as annoncé que tu ne pourrais pas le voir aujourd'hui à cause d'une de tes amies, il n'a émis aucune objection, et pourtant tu es certain qu'au plus profond de lui son petit cœur palpitait douloureusement et que s'il ne disait rien c'était pour ne pas t'embarrasser, et tu te sens dévorer par le remord et la honte et l'envie viscérale de le revoir, au point de te demander s'il sera bien là la semaine prochaine, et de commencer à te poser des questions sur la façon dont tu vas lui annoncer que tu n'es pas un auteur sexy de romans pornos de 27 ans, et comment une fois qu'il t'auras pardonné tu pourras le présenter à tes parents, et si le mariage gay va bientôt être légalisé dans le monde sorcier, et s'il n'y aurait pas moyen d'adopter un enfant, et la race du chien que vous allez acheter pour vous tenir compagnie dans une jolie petite maison de campagne, où tu continuera à écrire tes romans pendant qu'il vaquera à ses occupations, quelles qu'elles soient?
Ron ouvrit la bouche. La referma. La rouvrit.
- J'ai pas dit la dernière part!
- Mais tu la pensais, affirma-t-elle d'un ton sans réplique.
- Oui, admit Ron.
- Et bien, ça s'appelle être amoureux.
- Oh. (Il resta un moment le regard dans le vide, puis s'agrippa à sa manche.) Et maintenant je fais quoaaa?
Elle se dégagea avec un soupir exaspéré.
- Tu réfléchit intelligemment et tu trouves une manière de lui prouver à quel point tu tiens à lui et il te manque. Ca serait déjà pas mal.
Ron se gratta la tête.
- Je pourrais lui apporter des fleurs la prochaine fois? proposa-t-il.
Hermione lui jeta son livre à la figure.
- C'est la plus vieille et la plus pourrie des excuses, crétin! s'écria-t-elle, tandis que tous les occupants de la bibliothèque se tournaient vers eux. Les fleurs, ça s'offre quand on a l'âme parfaitement claire et qu'on veux être certain de ferrer son poisson, ajouta-t-elle dans un chuchotis furieux en l'entraînant dans le couloir. Non. Tu dois le prendre par surprise, lui montrer que tu était vraiment désolé de ne pas le voir aujourd'hui, que tu t'es fait chier comme un rat mort à cet anniversaire…
- C'est pas vrai, prononça Ron.
- Merci pour moi, fit-elle radoucie, mais là n'est pas le problème. Cherche dans ta petite tête, fit-elle en s'éloignant.

Ron se retrouva dans sa vieille salle de classe pourrie, ses parchemins étalés devant lui. Quelle merde c'était de devenir un adulte, songea-t-il. Il se demanda ce que pouvait bien faire Sebastian à ce moment précis. Peut-être voyait-il des amis, lui aussi, des amis de son âge et intelligents et amusants et certainement pas des adolescents vêtus d'un uniforme ridicule… Il regarda la plume qu'il tenait dans la main. Il avait désespérément envie de lui écrire, mais comme il était un abruti complet, il n'avait jamais songé à lui demander son adresse. Et lui écrire pour quoi, d'abord, pour se ridiculiser un peu plus? Est-ce que Sebastian était seulement réellement déçu à l'idée de ne pas passer la soirée avec lui? Il se prit la tête entre les mains; il en avait ras le cul.
Puis, comme il était amoureux, il écrivit quand même, en se disant qu'il était stupide d'espérer, mais en espérant tout de même.


~oOo~


"Je suis désolé de ne pas être là.
Je sais que c'est parfaitement stupide de t'écrire cette lettre parce que tu es certainement en train de faire autre chose de ta soirée. Tu es sans doute avec des amis, ou de la famille, et je vais essayer d'arriver en avance ici la semaine prochaine pour récupérer ce mot débile avant que tu ne mettes la main dessus.
Mais c'est tout aussi stupidement que je vais continuer de l'écrire, parce que je pense que j'en ai moi-même besoin.
Comme tu as déjà pu commencé à la constater, je ne suis pas du tout ce que les gens pourraient penser que je suis. Et cela va bien plus loin que le fait de n'avoir jusqu'ici jamais eu de relation avec personne, ou de ne même pas avoir réalisé auparavant que je pouvais être attiré par un homme. Les livres, tout ça, c'était une plaisanterie au départ, un plaisanterie qui s'est avérée bien payée. Non, ce que je suis terrifié de t'avouer, c'est que, pour des raisons diverses, je n'étais pas sous ma vraie apparence le jour où tu m'as rencontré – et, par conséquent, tous les samedis suivants. J'ai modifié mon âge et mon apparence pour cette séance de dédicaces, où je ne tenais pas à rencontrer certaines personnes.
En commençant cette lettre, je ne voulais pas m'excuser, parce que mon intention n'était pas de te mentir ou quoi que ce soit. Mais j'ai envie de te revoir, et si cela peut jouer je te ferai toutes les excuses que tu veux. Peut-être que la semaine prochaine tu ne seras pas là, et que tu ne viendras plus. Peut-être que tu seras là, et je devrai te dire beaucoup de choses, que tu aies eu cette lettre ou pas. (Je dois avouer que je préfèrerais que tu l'aies eue, je ne me sens pas le courage de t'expliquer tout cela de vive voix.)
Je ne sais pas trop comment conclure.
'Andrew' "

Severus relut la lettre deux fois. Puis la posa soigneusement sur la table devant lui. Son cœur battait anormalement fort dans sa poitrine et dans ses tempes. Il avait envie de rire de l'ironie de la chose, il se sentait l'âme brisée que… 'Andrew' lui ait menti, il se sentait intensément soulagé de ne pas être le seul à lui avoir menti, et il avait stupidement peur que Sealloy – il se sentait mieux quand il l'appelait Sealloy, comme avant – soit en réalité vieux et n'ait une haleine souffreteuse. La simple idée lui retournait le cœur – il l'avait embrassé, après tout.
Il se força à inspirer profondément. Il avait lu la lettre – il aurait pu ne pas être là, mais il n'avait pas pu supporter l'idée de rester enfermé ce soir-là, comme avant. Et il ne se sentait pas capable – non, il n'avait pas envie d'agir comme s'il ne l'avait pas lue. Donc il pouvait soit être là la semaine suivante, soit ne pas être là. Est-ce qu'il avait envie d'être là? Sealloy, sous sa fausse apparence, le regarderait avec embarras, et lui, que dirait-il? Sans doute la vérité, puisque Sealloy avait eu le courage et l'honnêteté d'en faire ainsi. Et ensuite? Il ne pouvait imaginer qu'ils se pardonneraient, se sauteraient dans les bras, et que leurs réelles apparences ne changeraient rien à ce qu'ils ressentaient. Les apparences changent toujours tout.
Peut-être pourraient-ils se mettre d'accord pour ne jamais se révéler à quoi ils ressemblaient vraiment, et commencer une toute autre vie, rêvassa-t-il. Lui-même ne s'en sentirait que peu lésé, et Sealloy semblait vouloir une certaine discrétion vis-à-vis de sa vie privée. Ils pourraient se trouver un coin tranquille… il soupira, plein de mépris envers lui-même. Depuis quand rêvait-il comme une adolescente?
Il laissa quelques piécettes sur la table, et quitta le pub. Il ne savait pas trop ce qu'il allait faire. Simplement qu'il serait là le samedi suivant.


A suivre.

précédent